Chaque année, environ 130 000 jeunes Sénégalais quittent le système scolaire entre la fin du CM2 et la classe de troisième sans obtenir la moindre qualification. Si ce constat peut sembler décourageant, il cache une réalité bien plus encourageante : de nombreuses portes restent grandes ouvertes pour qui veut se former et bâtir un avenir solide. Voici un tour d’horizon des possibilités qui s’offrent à vous.
Les Certificats de Spécialités : une formation courte et certifiante
Le Ministère de la Formation Professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat a mis en place les Certificats de Spécialités (CS) , spécialement conçus pour les jeunes sortis du système scolaire sans diplôme. Ces formations durent de trois à six mois et permettent d’exercer un métier concret.
Elles couvrent une vingtaine de métiers répartis dans sept secteurs d’activité :
· Agriculture et agro-alimentaire : pépiniériste, transformateur de fruits et légumes
· BTP : carreleur, coffreur, ferrailleur, peintre, plâtrier, plombier
· Services : mécanicien pneumatique, carrossier-peintre automobile, bobiniste
· Tourisme et hôtellerie : serveur de table, commis de cuisine, serveur bar
· TIC : maintenance informatique, infographie, maintenance de réseaux
· Habillement : coupe-couture
Ces formations sont financées par des bons d’apprentissage délivrés par le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle (3FPT), ce qui les rend accessibles même sans moyens financiers importants. Mieux encore, elles peuvent mener au Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) , un diplôme reconnu par l’État.
L’apprentissage traditionnel : une voie à valoriser
L’apprentissage chez un artisan reste la voie la plus pratiquée au Sénégal. Si cette formation n’est pas toujours reconnue par un diplôme, elle débouche souvent sur un auto-emploi ou une insertion dans le tissu économique local. Des programmes comme le TRIE CREE GENAU accompagnent les jeunes en leur fournissant une formation en relation d’entreprise et un kit de démarrage (outils, subventions) pour lancer leur activité.
Les ONG et programmes d’accompagnement
De nombreuses organisations non gouvernementales soutiennent la formation des jeunes déscolarisés. ESEM AFRIQUE offre des tarifs très accessibles pour les jeunes qui veulent se former et qui n’ont pas assez de moyens. Le projet PRODIJE de l’ONG Jeunesse et Développement, soutenu par le LCGB, modernise le CIFOP de Mboro qui accueille chaque année plus de 300 élèves répartis sur 11 filières. L’ONG CONCEPT intervient à Dakar dans l’éducation, la formation et l’appui au secteur de l’artisanat, avec des formations en informatique de base pour renforcer l’utilisation des outils numériques dans les ateliers.
En résumé
Arrêter ses études en 3ème n’est en aucun cas une fin en soi. Les opportunités de formation sont nombreuses, variées et adaptées à tous les profils. Que vous choisissiez une formation courte certifiante, un apprentissage chez un artisan ou une école de la deuxième chance, votre avenir professionnel reste entre vos mains. La clé est de s’informer, de se renseigner auprès des centres de formation de votre région, et de saisir les opportunités qui se présentent.






