Faut-il vraiment étudier l’entrepreneuriat ? Comparatif des formations au Sénégal et en Afrique

Introduction

Faut-il une école de commerce pour créer sa startup, ou vaut-il mieux un bon réseau ? Alors que le diplôme reste un sésame social, l’échec des « diplômés-chômeurs » pousse à s’interroger. D’un côté, les formations classiques (Droit, Économie) offrent un cadre rassurant ; de l’autre, les formations en entrepreneuriat promettent l’autonomie. Mais dans un marché africain où l’informel domine, que vaut vraiment un diplôme en création d’entreprise ?

1. Les formations classiques : Le filet de sécurité sénégalais

Elles restent majoritaires à l’UCAD ou l’UGB. Leur force ? Elles fournissent des compétences transversales recherchées par les grands groupes (banques, télécoms, ONG), avec une certaine sécurité de l’emploi. Cependant, leur approche reste souvent théorique et mal adaptée aux réalités des PME locales, préparant davantage à être employé qu’à créer de l’emploi.

2. L’entrepreneuriat : L’école de la débrouille

Les Masters en Entrepreneuriat (comme à ESEM AFRIQUE) ou bootcamps (Exemple: Jokkolabs) se concentrent sur l’action. On y apprend le Business Model Canvas et le Lean Startup(1) plutôt que la dissertation. L’objectif n’est pas d’avoir un bulletin, mais un produit viable. Attention cependant : l’entrepreneuriat ne s’apprend pas vraiment sur les bancs ; toutes ces formations incluent obligatoirement du terrain et des stages en entreprise pour éviter le décalage entre la théorie et la réalité du marché informel.

3. Le choc des cultures : Diplôme vs. Réussite terrain

En Afrique, le statut social dépend encore beaucoup du diplôme. Mais derrière, les réalités divergent :

· Le Mythe du « Diplôme Bouclier » : Certains croient que le diplôme protège du chômage. Or, sans réseau ni capital, un BAC+5 peut stagner, tandis qu’un artisan formé sur le tas peut prospérer.
· La Crédibilité Bancaire : Pour le financement (banques, DER/FJ), un dossier avec un diplôme classique inspire confiance, mais ce sont souvent les compétences terrain (et la rigueur financière) qui rassurent réellement les prêteurs.
· L’international : Pour travailler chez McKinsey ou dans une filiale française, le diplôme classique est indispensable. Pour lever des fonds à la Silicon Valley, on préfère votre MVP (Produit Minimum Viable) et votre traction commerciale à votre thèse.

4. La stratégie gagnante : La Double Compétence
Peut-être qu’il ne faut pas choisir. Le schéma le plus gagnant au Sénégal est souvent :

1. Faire le droit, la compta ou l’ingénierie pour acquérir une base technique solide (ce qu’on appelle le « hard skill »).
2. S’ajouter une spécialisation en entrepreneuriat (certification courte, incubateur) pour apprendre à manager et vendre son projet.

Cette double compétence permet d’avoir à la fois la légitimité académique pour rassurer et les outils pratiques pour pivoter rapidement.

Conclusion : L’avenir est à l’hybride

Si l’entrepreneuriat devient une matière valorisée, la formation classique conserve son prestige et son utilité. Pour réussir en 2026, mieux vaut ne pas opposer les deux : prenez le diplôme pour les clés (crédibilité, visa, financement) et la pratique pour le volant (agilité, résilience).

Note(s):
(1) La méthode Lean Startup réduit le temps, les coûts et les risques, mais pas seulement : elle simplifie le processus de création d’un projet.

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